La canne à sucre

4/4/2009

 

 

La canne à sucre

 

 

Elle est connue depuis l’antiquité mais elle est longtemps restée une plante ornementale avant de conquérir le monde. Du Xème au Vème siècle avant JC, elle est répandue en Océanie et en Asie du Sud-Est, avant d’être introduite en Inde et en Polynésie. Lors de son expédition militaire en Inde, Alexandre Le Grand découvre ce “roseau qui donne du miel sans le secours des abeilles”. Au VIIème siècle, les arabes la diffusent en Egypte, en Afrique du Nord et dans le sud de l’Espagne. Les Espagnols et les Portugais l’introduisent dans leurs possessions en Afrique puis, avec la découverte du Nouveau Monde, la plante franchit l’Atlantique et arrive au Brésil, à Cuba, au Mexique puis aux Antilles.

C’est une graminée comme le blé, le riz ou le maïs, c’est donc une herbe. Plante vivace, elle possède la faculté de repousser spontanément après chaque coupe. Toutefois pour ce qui concerne les cultures, on change les pousses environ tous les 7 ou 8 ans afin d’obtenir de meilleurs rendements. Contrairement aux autres graminées, la canne à sucre est cultivée pour sa tige et non pour ses graines. Elle mesure 2 à 5 m de hauteur et les tiges font 2 à 5 cm de diamètre. Le long de la tige se trouvent une succession de nœuds où sont implantés les yeux (les bourgeons). Les entre-nœuds sont gorgés d’eau sucrée. Ils mesurent de 10 à 15 cm et avec de très bonnes conditions jusqu’à 30 cm. Les tiges sont de couleur verte, blanche, brune, pourpre ou violette. La plante possède de longues feuilles qui ressemblent aux feuilles de maïs, elles mesurent parfois plus de 1,5 m de long. Au sommet de la tige, au moment de la floraison, la plante porte de petits épis avec des graines, l’inflorescence est tout de même de taille puisqu’elle mesure de 0,5 à 1 m de long. Mais dans un champ de canne à sucre vous ne verrez que très exceptionnellement la fleur : celle-ci a un effet négatif sur la production de sucre. Les racines s’enfoncent jusqu’à 60 cm dans le sol et peuvent s’étendre autour de la souche jusqu’à 2 m.
C’est une géante, vous l’avez compris, et vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

En plus du jus sucré qu’elle produit, la plante se révèle être une véritable éponge à gaz carbonique : en 1 an, par le processus de la photosynthèse, 1/2 ha de canne peut absorber plus de 30 tonnes de gaz carbonique et produire ainsi 21 tonnes d’oxygène neuf !

Ce métabolisme spécifique et cette grande capacité expliquent sa forte croissance. La canne a besoin de beaucoup de soleil, d’une bonne irrigation et de beaucoup de soins. Outre l’irrigation parfois nécessaire, le planteur doit éliminer les feuilles mortes des cannes et surtout toutes les mauvaises herbes qui entrent en compétition avec la plante. Et comme toutes les cultures, il faut la protéger des maladies, insectes ou rongeurs.

La plupart du temps la récolte de la canne se fait à la main car l’utilisation de la coupeuse mécanique n’est possible que sur des champs épierrés, peu pentus et plats. La canne est coupée au ras du sol car sa partie inférieure est la plus riche en jus sucré. Son sommet, appelé “bout blanc” ou “chou” est laissé au champ, il servira d’aliment pour les bêtes.

Arrivé à l’usine, la canne à sucre est d’abord broyée pour obtenir le premier jus, le vesou. Il est trouble et de couleur jaune verdâtre, composé de 80 % à 85 % d’eau et 10 % à 18 % de saccharose, glucose, fructose et d’autres composés organiques. La fibre restante appelée bagasse contient encore 50 % d’eau et 1 % de sucre, elle servira de combustible dans des usines. Pour filtrer le premier jus et séparer les éléments, on le mélange à du lait de chaux puis on chauffe le tout. Toutes les matières en suspension vont alors coaguler. Le jus débarrassé de ses impuretés est dirigé vers un tamis, les matières coagulées seront filtrées, séchées, les résidus deviendront des engrais pour les champs des agriculteurs. Le jus clair est ensuite chauffé pour évaporer au maximum l’eau et on obtient un sirop jaune brun que l’on cuit pour commencer la cristallisation. Plus le sirop cuit, plus le sucre se cristallise. On obtient alors “la masse cuite”. Elle est refroidie lentement en la malaxant puis centrifugée dans des essoreuses pour en séparer les cristaux. Le premier sucre obtenu est naturellement blanc. L’opération est renouvelée pour tirer le maximum de sucre. Ce qui reste s’appelle la mélasse et sera distillé pour la fabrication du rhum.

Voilà pour la canne à sucre, et vous le constatez, la culture, la récolte et la fabrication mettent en œuvre de nombreux savoir-faire et techniques assez complexes.

Tags : BF
Category : AGRICULTURE الفلاحة | Write a comment | Print

Comments